Colorova, du contemporain jusqu'à l'assiette


Un autre bijoux médiatique de la scène gastro-bobo parisienne. Mon devoir m'appelle: je dois impérativement comprendre ce succès par moi-même.
Un brunch semi-gastronomique (au prix qui ne fait pas de cadeaux), des pâtisseries qui ne s'ôtent pas de mes pensées, placé dans un arrondissement où je passe la quasi-majorité de mon temps; trop de raisons qui me font pousser la porte de cette pâtisserie contemporaine qui nous offre des moments agréables à tout moment de la journée, du petit-dejeuner au goûter tardif.

Je commence par la fin, un goûter en fin de journée entre copines. La star de la maison, celle qui me faisait de l'oeil depuis Dieu ne sait combien de temps, me passe sous le nez à quelques secondes près. La tartelette speculoos-caramel-cacahuette se voit remplacée par le "Baileys", une sorte de cheesecake à la banane, pas franchement convaincue par mon choix au début, regrettant avec amertume la disparition de ma bien aimée tartelette. La pâtisserie s'accompagne par un chocolat chaud à la fève tonka et caramel; le goûter bien gourmand et extra copieux ne me déçoit pas malgré ma réticence du départ. Elena prend un jus d'oranges pressées et des sablés au citron; elle en dévore la boite qui semble en contenir plus de 10.. Assez explicite comme agissement, ils semblent tout aussi délicieux. 



L'accueil chaleureux et attentionné de la jeune serveuse, pourtant seule en salle me pousse à revenir deux jours plus tard à l'heure du déjeuner. Je suis seule dans ce salon de thé aux couleurs vivantes et aux meubles contemporains. Un espace dominé par le graphique, qui est très lumineux de part sa baie vitrée et sa vue sur la cuisine. La décoration très scandinave échappe au minimalisme traditionnel de celle-ci par les fortes touches de couleur qui font rappel au nom du lieu. Trois menus s'offrent à moi. Je prend celui avec les mets les plus "élaborés", ceux qui en somme me semblent les plus intéressants du menu du jour. Buratta aux tomates anciennes et purée d'avocat, simple mais efficace. Une burrata que j'aurais souhaité cependant un peu plus crémeuse, et une purée agréable en bouche, à ne pas confondre avec le guacamole, elle se veut quasiment liquide et très douce gustativement parlant (pas d'oignons, ni épices comme l'on peut trouver dans la sauce mexicaine). En plat, un succulent risotto au chorizo avec de la roquette un brin timide dans l'assiette mais qui rayonne le tout. Assez consistant mais parfaitement réalisé: crémeux à souhait, le chorizo n'emporte pas le goût ce qui est à double tranchant, cela me semble dommage étant fan des goûts relevés mais pour les addicts de la douceur il sera parfait. Je ne peux terminer mon assiette car la fameuse, l'honorée tartelette speculoos-caramel-cacahuette m'attend de pied ferme. La serveuse ayant été témoin de mon désarroi lorsque celle-ci n'était plus des nôtres deux jours avant, a dès mon entrée dans le temple pâtissier, gardé le grâal de côté pour ravir mes papilles. Aussi étonnant que cela puisse paraître, le must de la maison se montre décevant. Trop d'attentes pour un résultat certes savoureux et bien réalisé mais pas à la hauteur de mes espérances. Le Baileys, s'était montré un peu plus puissant et l'explosion des saveurs était bien présente. Une douce attention au niveau de l'addition de la part de la serveuse, l'habitude est une exclusivité !



Partiels obligent, petit-dejeuner de roi pour une journée de labeur à la BSG. Le passage obligé non loin des cafés Saint-Micheliens attrape-touristes aux baguettes pré-congelées et jus d'orange andros. Colorova m'appelle. Formule à 12€ pour une brioche façon pain perdu (décevante, pas suffisamment imbibée), une compote mangue/pomme à la légère chantilly: un délice rafraichissant, une boisson chaude entre café, thé et chocolat, ni un ni deux me voilà repartie sur l'exquis chocolat à la fève tonka et caramel, une corbeille à pain et un jus frais. Supplément avec l'oeuf mollet et lardons finement taillés pour ne pas dire rappés; originalité dans le classique, succulent. 



Si le chef tout droit sorti de l'école Ferrandi tout comme sa fiancé, ont su me convaincre par l'originalité et la finesse de leur pâtisseries, et de certains de leurs plats; quelques détails restent à revoir afin d'atteindre la perfection gustative. Ils n'en sont pas loin. 



Colorova Patisserie 
47 rue de l'abbé-grégoire 
6ème arrondissement de Paris