John Galliano Mens A/W 14-15


C'était il y a deux jours. J'ai vécu le moment où la félicité suprême est atteinte par toute fashionista: lorsque celle-ci assiste au défilé d'un grand créateur.  John Galliano, Palais de Tokyo, Front Row. Aurais-je pu espérer mieux pour une première ?

Certes c'était une collection homme, et certes John Galliano n'est pas parmi ceux que je préfère (surtout que la création de la maison a été déléguée à Bill Gaytten) mais ce qui m'importe et ce pourquoi j'ai toujours voulu vivre ce moment, c'est l'expérience. Observer la frénésie électrisante, les instants précédant le "lever du rideau". Analyser les pièces de la collection au rythme de la bande sonore; déchiffrer les visages austères des mannequins se dressant devant vous; tout en jetant un coup d'oeil au voisin(e) qui dépose quelques mots sur son calepin, mots qui compléteront son futur article publié quelques heures plus tard. J'ai voulu observer ce monde de plus près, un monde de la mode qui fait rêver, et pourtant souvent jugé comme superficiel, impitoyable et contingent. Qu'en est-il de cet espace vivant de l'art (si considérée ainsi elle est), est-il paradisiaque ou plus cruel tu meurs ?
Ma minime expérience en entourant ces habitués du milieu ne pourra pas tirer de conclusions d'aussi tôt, ce n'est pas faute d'avoir prêté attention à ces scènes s'apparentant aux images reçues dans la mémoire collective: des photographes à l'afflux; des looks inattendus et soignés jusqu'aux montures des lunettes; des personnalités se faisant la bise à la française et des journalistes se retrouvant d'un show à l'autre "It's been a while since NYFW".. alright. 
Près de 40 minutes d'attente, une salle sombrant dans le noir. Une musique accrochante, Disclosure lance le pas. Un air sportif survole la salle. Des meggings aux couleurs flashy et motifs géométriques, des chapeaux comme accessoire indispensable, longueurs sur les manteaux élégamment taillés parfois, quand ils ne sont pas une savante copie de l'imperméable importable. Des pièces mêlant urbanisme et nineties. Le sportwear l'emporte sur l'ensemble de la collection. On passe du blouson en cuir oversized aux semblants du teddy, au blazer classique modernisé par la touche brillante pour finir sur la veste cycliste remise au goût du jour. Des cols ecclésiastiques contrastant les runnings aux semelles colorées. The Urban Race, une collection automne-hiver 14/15 aux couleurs hivernales et tonalités un peu trop surjouées pour des pièces se voulant portables tout au long de la journée. Me concernant, ce seront les simples looks aux pulls col rond ou col roulé, détails colorés, bimatiéres, associés aux leggings et le chapeau pour la route; une élégance naturelle en ressort. 
Serait-ce mainstream que de trouver dans l'oeuvre de Gaytten un clin d'oeil hipsterien ? 


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(c) Ella del Carmen Vazquez