Ces heures heureuses, nous ont-elles comblé ?


Le chauffeur en limousine blindée, et les superpouvoirs manquant, il semble impossible de parcourir les 15 parcours foodingues proposant des bouchées à 2e entre 18h et 20h, pendant seulement 3 pauvres jours. Les heures heureuses est l'un de ces événements que tout foodiparisien attend le ventre avide et le porte-feuille bien rempli.

Pendant trois jours, plus de 200 commerçants du 2ème au 20ème en passant par le 15ème nous proposent des bouchées gastronomiques, allant de créations spéciales pour l'occasion aux versions mini de leurs plats signatures ! Ces heures heureuses, étaient-elles à la hauteur de nos espérances? Entre 3ème, 11ème et 10ème, nos papilles se sont enflamées !



L'arrière Marais entre son marché des enfants rouges et les échoppes monoproduit, était le parfait commencement pour une soirée haute en saveur !
Mmmozza et son roulé mozzarella-jambon à la truffe-roquette: sur papier c'est simplet, en bouche c'est dément ! Le jambon cuit bien que peu présent, on y dénote une truffe au grand caractère ! 
L'estaminet, petit bar caché sous le marché des enfants rouges, nous propose une verrine couteaux-oursins.. A la manière des shots, devant les aimables serveuses on se lance. 3, 2, 1.. onctuosité puis croquant, tout en gardant deux saveurs idoées mais bien distinctes. Merci pour cet aller Paris-Deauville en 2 secondes chrono. 

 Direction le 11ème, la nouvelle terre promise du foodist(o/a).
Rendez-vous Chez Moustache où l'an dernier au milieu d'une foule de bons mangeurs, se degôter deux petites bouchées relevait du miracle.  Surprise: l'endroit est vide et les bouchées.. sont on ne peut plus décevantes. Burrata cremeuse mais très peu conséquente, deux tomates cerises quelconques.. une miette de pain à l'ail qui aurait su relever la bouchée en s'imposant par sa taille. Que dire du sucré, carré 1x1 au goût pas si extraordinaire que ça. On repassera.
Pierre Sang in Oberkampf, ce brillant chef ne peut jamais nous décevoir ! Dans son étroit comptoir, des grandes oeuvres créent le cahotement. Au choix Gyoza, Tartine de comté ou tartare de saumon.


Le gyoza de l'année 2013 fut une découverte honorable, celle de cette année dépote tout. Entre le moelleux de sa farce, et la fine pâte croustillante tout en restant juteuse. L'accompagnement carotte et autres petits légumes diffusaient des arômes nous menant droit vers l'asie entre aigredoux et saveurs très légèrement vinaigrées..  Le comté lui est bon, mais à côté d'une telle merveille, difficile de régner.

Direction la Sicile, chez Angelo & Jacqueline vers le bas de la rue Oberkampf. Au menu, une langoustine marinée aux parfums de Sicile sur une eau de tomates cerises à l'origan et crème de Burratina.. Une langouste crue et croquante, nageant en eaux délicieusement relevés par des saveurs très méditerranéennes. Voilà un italien auquel on reviendra! 


En route vers le melting-pot du 10ème, qui d'un faubourg à l'autre cache des pépites gastronomiques étincelantes !
Au menu de ce soir au comptoir de Brice: accras, rouleau de printemps au foie gras et tourteau ou cube à l'asperge, truffe d'été et fontina. Out les accras, je prends une direction bien plus chic sur le papier ! Les deux petits "maki" du rouleau de printemps au foie gras et tourteau sont présentés à plat avec une pointe de mayonnaise épicée. Bonne texture pour la mayonnaise mais où sont les épices ? Je ne suis pourtant pas friande des palais en feu. Enroulés par une feuille de riz et une feuille de salade, ils sont doux et croquants à la fois. Le tourteau cache un bon carré de foie gras, fondant et très prenant en bouche, qui malheureusement ne fait pas très bon ménage avec la chair du crustacé. Ca s'entend mais le foie gras s'impose.  
 
Ce petit cube aux airs italiens m'intrigue. L'asperge verte est croquante puis fondante d'un bout à l'autre. Le cube parfaitement géométrique est un pain passé au four, toasté donc croquant, qui cache à l'intérieur du fontina fondu. Très bon point et très bonne maîtrise du produit. Le fromage est très très doux, s'accorde avec le pain huilé. Et pourtant, il manque un élément essentiel, cette truffe d'été, où se cache-t-elle ?
On fini ce parcours par le nouveau paradis des aimants du pays basque, Farago ! Une équipe formidable qui nous explique ce que présente une jolie cuillère colorée: thon mi-cuit au sesame noir, sphérification de gazpacho et mousse de wasabi. La sphérification nous surprend en bouche, on croque et les parfums espagnols se diffusent dans une onctueuse crème. Le thon semble tout droit venu de sa mer jusqu'à notre assiette. Un sans faute pour cette nouvelle adresse


 
Ambiance clandestine réconfortante autour des food-trucks.
Samedi, les heures heureuses jouent les prolongations. Sous les docks, une dizaine de food-trucks se réunissent autour d'une université nouvelle dans le genre, où spécialistes culinaires enseignent leurs savoirs.  Bo-Bun de chez Camion Bol, vraie déception. Des nems sans croustillant pour des saveurs pas très tenantes. Belle surprise chez Lemon Shakers dont la limonade à la fraise te renvoie l'espace d'un instant en Californie. Du pareil au même chez Country Popcorn, dont les maïs gonflés aux saveurs salés-sucrées sont démentes. Si le pop-corn au pesto ne convint pas trop, celui au potiron ou au caramel beurre salé fait sous nos yeux emporte le prix du meilleur junk-food ! On fini par manger tout ça en écoutant la conférence donnée par un chroniqueur du fooding sur les chefs subalternes, ce fut un samedi haut en foodtronomie! 
 



 
Cette année les heures heureuses ont été fortes en découvertes, une chose est sûre, de nouvelles adresses ont été notées et d'autres, tout simplement rayées !