Le BAT, ovni des Grands Boulevards.


A Paris, les Casa Manolo/Paco/Jose servant les traditionnelles tapas espagnoles, ne font plus le poids face aux nouveaux rockeurs des fourneaux qui gardent des tapas que la taille mini et les transforment en Cendrillon du monde culinaire.  C'est aux Grands Boulevards, temple des PMU semi-améliorés, là où fast-foods et traiteurs pas très convainquant règnent, que le BAT a élu domicile.

Ancien du Kitchen Gallery (VIème), le chef du Bar à Tapas connaît les bases d'une bonne bistronomie. Si à midi, les tartares sont rois, le soir la carte s'allonge, se diversifie, et nous met l'eau à la bouche. 7€ les tapas et les desserts, 10€ les assiettes (quasi même taille, intérêt zéro). Sur ces prix cléments on se laisse aller à l'aventure.

Permettez-moi de regretter mon choix de ce soir, mais du BAT on en ressort affamés et clairement pas dépaysés du palais. Merci pour l'expo sur table, mais si mon but était de voir des œuvres d'art, Paris regorge déjà de Musées hors norme.

Les prix justifiant les tailles mini, le problème se trouve ailleurs. Salade de Crevettes, Melon et Mozzarella Buffala: trois crevettes grillées qui sans le jus du melon pour les reveiller, auraient été synonymes de disgrâce. L'agneau aux aubergines et autres noms exotico-asiats ne nous mène pas très loin. Les croquettes de veau, condiment artichauts et raifort deviennent plus intéressantes: croustillantes, garnies d'un appareil façon pot au feu, relevées par une sauce amer-anisée.. c'est particulier mais l'imagination a fait du bon boulot.
Les éloges médiatiques dont le BAT râvi sont enfin justifiées avec la sardine marinée, tomates anciennes, condiment mangue-citronnelle et le tartare de boeuf, gaspacho de pastèque, vinaigre de grenade.  Des assiettes colorées, estivales, ENFIN explosives en bouche. Les sardines sont délicieusement marinées, fondantes, et la touche de mangue donne une touche pop! Le tartare de boeuf, malgré l'absence gustative du boeuf, est joliment pensé. Les textures sont travaillées jusqu'aux moindres détails entre une pastèque mi gaspacho mi tartare, et des pépites de grenade qui viennent contraster le tendre boeuf. Niveau dessert, simple mais graphique: Mousse de chocolat blanc façon chantilly très subtile, aérienne. Un sorbet cacao pas sucré qui garde l'intense arôme de la fève. Des fines tuiles croquantes en chocolat pour apporter le relief final à l'assiette. Jolie touche finale.

Le BAT restera une bonne adresse où dîner lorsque l'Indiana, le Hard Rock et les wannabe bistrots parisiens joueront les coupe-faim lors de notre promenade sur les Grands Boulevards. Les prix sont très très cléments pour une cuisine inventive, alors pourquoi pas s'y aventurer avant une séance cinéma, une dinguerie au REX, ou bien lorsque vos yeux auront soif de beaux garçons à admirer (cuisine ouverte: alerte beaux chefs!). 


   

Le BAT - BAR A TAPAS
16 Boulevard Montmartre
Paris 9ème