Le Pantruche, un bistrot pour gastronomes.


Non loin du boulevard Rochechouart où bistrotiers en quête de touristes affamés servent de la bouillie à prix outrageux, se cache un trésor bien connu des gastronomes affinés. Le Pantruche, bistrot gourmand sait tirer son épingle du jeu.
 

Répertorié par tous les foodistos, grands chefs et petits amateurs; il devient un passage indéniable pour les fines bouches en quête de bistronomie bien balancée et, ce à petits prix. 19€ à midi pour une entrée ou dessert + plat du jour. Je vous le dit d'avance, le rapport/qualité prix est simplement extraordinaire, rarement égalé.

Le pain de campagne tout chaud, tout cocoon débarque sur la table. Le serveur jeunet arbore un look franchement franchouillard donnant tout son charme bistrotier à l'endroit. Le tableau en guise de menu se pose aisément sur une chaise de notre table.. on se serre à table et on déguste avec joie.
 

 Le mulet noir fumé, avocat, citron laisse la compagnie à table éblouie. Ce poisson à la chair blanchâtre râvit grâce à l'acidité maîtrisée du citron, la légéreté d'une mousse oeuf-citron parfaitement aérienne, la douceur d'une crème d'avocat caressant le palais..

Le velouté de courgettes, chèvre, curry, haddock est plus conventionnel mais tout aussi plaisant. Un velouté se révélant frais, coloré doux.. puis relevé par le curry et haddock associant leurs goûts forts et pointus en une tartine fine à craquer. 

Cuisses de grenouilles, purée de persil, champignons pour la fin du bal d'entrées. Les grenouilles sont délicatement travaillées: petites cuisses enrobées d'un paprika envoûtant, contrastant avec la mousseuse purée de persil un brin éteinte dans son trop plein persillée, un peu d'acidité dans ce plat n'aurait fait que des ravages.

Le canard de challans, polenta cremeuse, sauce aux mûres réinterprète le combo volaille-purée de manière clairement plus raffinée. Deux imposants filets de canard, rosés à souhait et juteux comme désiré, cachent une polenta bel et bien crémeuse. La sauce aux mûres arrose le tout, elle est discrète mais enrobe le plat dignement.


En dessert, la crème menthe, sorbet chocolat, crumble noisette est bien exécuté avec un chocolat doucement amer, une menthe suave et rafraîchissante et des bouts de biscuit qui donnent de la matière.
 
Un sans faute donc, pour ce bistrot dans l'ère du temps, petit mais rempli de belles attentions dans le service comme dans l'assiette.
On reviendra pour un déjeuner de grande cuisine, lorsque le porte-feuille sera léger et l'envie de voir de beaux garçons accentuée.





Le Pantruche 
  3 rue Victor Massé 
 Paris 9ème